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LE MONDE 24.05.01 - Mis à jour le 24.05.01
Le Monde.fr


Conflit du Cachemire : l'Inde tend la main au Pakistan

Changeant de stratégie, le gouvernement indien a mis fin au cessez-le-feu décrété au Cachemire et a invité le chef de la junte pakistanaise au dialogue.

New Delhi, de notre correspondante en Asie du Sud

Inversant totalement son initiative de paix au Cachemire, l'Inde a invité, mercredi 23 mai, le chef de l'exécutif pakistanais, le général Pervez Moucharraf, à venir à New Delhi. Dans le même temps, le gouvernement indien a mis fin au cessez-le-feu unilatéral que ses forces étaient censées observer depuis le 27 novembre au Cachemire. Ces décisions ont été annoncées à l'issue d'une réunion du Conseil national de sécurité, présidée par le premier ministre, Atal Bihari Vajpayee.

"Le gouvernement a décidé d'inviter le général Pervez Moucharraf à visiter l'Inde à la date la plus proche qui lui conviendra. Une invitation formelle sera transmise prochainement", a indiqué le ministre des affaires étrangères et de la défense, Jaswant Singh, en lisant une déclaration. Cette invitation met fin au discours du gouvernement indien, qui affirmait depuis deux ans qu'il n'y aurait pas de dialogue avec le Pakistan avant que celui-ci ne restreigne l'action des groupes armés qui combattent au Cachemire indien.

GROUPES SÉPARATISTES

Islamabad a accueilli positivement cette annonce et immédiatement réitéré son désir de dialogue. Intervenant à la télévision, le secrétaire général du ministère des affaires étrangères a rappelé que le général Moucharraf avait, à plusieurs reprises, affirmé que le Pakistan était prêt à parler avec l'Inde "à n'importe quel niveau, n'importe où et n'importe quand". M. Vajpayee n'a jamais rencontré le général Moucharraf, que beaucoup en Inde tiennent comme principal responsable de la guerre de Kargil sur les hauteurs du Cachemire, à l'été 1999. Les deux hommes s'étaient parlé cependant en janvier, à l'occasion du tremblement de terre du Gujarat.

M. Singh a justifié la fin du cessez-le-feu en affirmant : "Nous nous attendions à ce que différents groupes et organisations terroristes, la plupart étrangers, reconnaissent les impératifs de paix, de dialogue et de coopération. Ces groupes ont empêché le rétablissement de la paix et par conséquent les forces de sécurité mèneront les actions qu'elles jugeront les plus appropriées contre les terroristes." Le cessez-le-feu n'avait jamais été accepté par les groupes militants armés qui combattent au Cachemire et, de leur côté, les forces indiennes poursuivaient des opérations ciblées contre les "rebelles".

Françoise Chipaux

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