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Conflit du Cachemire : l'Inde tend la main au Pakistan
Changeant
de stratégie, le gouvernement indien a mis fin au cessez-le-feu
décrété au Cachemire et a invité le
chef de la junte pakistanaise au dialogue.
New Delhi, de notre correspondante en Asie du Sud
Inversant
totalement son initiative de paix au Cachemire, l'Inde a invité,
mercredi 23 mai, le chef de l'exécutif pakistanais, le
général Pervez Moucharraf, à venir à
New Delhi. Dans le même temps, le gouvernement indien a
mis fin au cessez-le-feu unilatéral que ses forces étaient
censées observer depuis le 27 novembre au Cachemire. Ces
décisions ont été annoncées à
l'issue d'une réunion du Conseil national de sécurité,
présidée par le premier ministre, Atal Bihari Vajpayee.
"Le
gouvernement a décidé d'inviter le général
Pervez Moucharraf à visiter l'Inde à la date la
plus proche qui lui conviendra. Une invitation formelle sera transmise
prochainement", a indiqué le ministre des affaires
étrangères et de la défense, Jaswant Singh,
en lisant une déclaration. Cette invitation met fin au
discours du gouvernement indien, qui affirmait depuis deux ans
qu'il n'y aurait pas de dialogue avec le Pakistan avant que celui-ci
ne restreigne l'action des groupes armés qui combattent
au Cachemire indien.
GROUPES
SÉPARATISTES
Islamabad
a accueilli positivement cette annonce et immédiatement
réitéré son désir de dialogue. Intervenant
à la télévision, le secrétaire général
du ministère des affaires étrangères a rappelé
que le général Moucharraf avait, à plusieurs
reprises, affirmé que le Pakistan était prêt
à parler avec l'Inde "à n'importe quel niveau,
n'importe où et n'importe quand". M. Vajpayee n'a
jamais rencontré le général Moucharraf, que
beaucoup en Inde tiennent comme principal responsable de la guerre
de Kargil sur les hauteurs du Cachemire, à l'été
1999. Les deux hommes s'étaient parlé cependant
en janvier, à l'occasion du tremblement de terre du Gujarat.
M.
Singh a justifié la fin du cessez-le-feu en affirmant :
"Nous nous attendions à ce que différents
groupes et organisations terroristes, la plupart étrangers,
reconnaissent les impératifs de paix, de dialogue et de
coopération. Ces groupes ont empêché le rétablissement
de la paix et par conséquent les forces de sécurité
mèneront les actions qu'elles jugeront les plus appropriées
contre les terroristes." Le cessez-le-feu n'avait jamais
été accepté par les groupes militants armés
qui combattent au Cachemire et, de leur côté, les
forces indiennes poursuivaient des opérations ciblées
contre les "rebelles".
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