Home
Média
LE MONDE 24.05.01 - Mis à jour le 24.05.01
Le Monde.fr


Le Pakistan accepterait l'invitation de l'Inde à négocier sur le conflit du Cachemire

Le gouvernement indien a décidé mercredi 23 mai au soir de "mettre fin" à son cessez-le-feu avec la guérilla islamique du Cachemire, tout en invitant le chef de la junte pakistanaise, le général Pervez Musharraf, à venir négocier "la paix" à New Delhi.

Le gouvernement indien a décidé mercredi 23 mai au soir de "mettre fin" à son cessez-le-feu avec la guérilla islamique du Cachemire, tout en invitant formellement le chef de la junte pakistanaise, le général Pervez Musharraf, à venir négocier "la paix" à New Delhi. Le Pakistan a immédiatement déclaré qu'il accepterait l'invitation lancée par le premier ministre indien, Atal Behari Vajpayee, pour des négociations sur le Cachemire. "Nous répondrons positivement lorsque nous recevrons officiellement l'invitation", a déclaré le secrétaire pakistanais aux affaires étrangères, Inamul Haq. Ce brutal changement de cap dans la politique indienne vis-à-vis des rebelles musulmans cachemiris et des autorités militaires pakistanaises a été annoncé à l'issue d'une réunion du cabinet de sécurité indien présidée par Atal Behari Vajpayee.

Le cessez-le-feu unilatéral indien au Cachemire - qui n'a été en fait qu'une simple suspension de certaines opérations de combat contre la guérilla islamique - avait été décrété il y a six mois, à la veille du Ramadan. Il avait été prorogé à trois reprises depuis. "Cette phase est maintenant terminée", a déclaré à la presse le ministre indien des affaires étrangères, Jaswant Singh, qui détient également le portefeuille de la défense. Le cessez-le-feu avait été rejeté, dès son entrée en vigueur, par la plupart des groupes séparatistes luttant contre ce qu'ils appellent "l'occupation indienne du Cachemire".
"Nous nous attendions à ce que différents groupes et organisations terroristes, la plupart étrangers, entendent raison et, reconnaissant les impératifs de paix, de dialogue et de coopération, évitent la violence", indique une déclaration indienne. "Ces groupes ont empêché le rétablissement de la paix au Jammu et Cachemire (la partie indienne de la région) et ont infligé des souffrances à la population". "Par conséquent, les forces de sécurité mèneront les actions qu'elles jugeront les plus appropriées contre les terroristes", a affirmé New Delhi.

Dans le même temps, poursuit le texte, une "paix relative" s'est instaurée depuis novembre dernier sur la ligne de contrôle séparant les parties indienne et pakistanaise du Cachemire, en raison de la "retenue" exercée des deux côtés. Le gouvernement indien continuera à observer "le maximum de retenue" avec le Pakistan et "a décidé d'inviter le général Pervez Musharraf à visiter l'Inde à la date la plus proche qui lui conviendra. Une invitation formelle sera transmise prochainement".

RELATIONS GELEES DEPUIS 1999

L'Inde avait totalement gelé ses relations avec le Pakistan à la suite du conflit qui avait opposé les deux armées dans la région de Kargil, sur les hauteurs du Cachemire, entre mai et juillet 1999 (1 000 morts de part et d'autre). M. Vajpayee et le général Musharraf ne se sont jamais rencontrés mais se sont parlé brièvement au téléphone à la suite du séisme meurtrier de janvier dernier au Gujarat (ouest de l'Inde). Le général Musharraf a affirmé, à de nombreuses reprises, qu'il était prêt à rencontrer le premier ministre indien "n'importe où et n'importe quand". "L'Inde, une nouvelle fois, tend la main de l'amitié, de la réconciliation, de la coopération et de la paix au Pakistan, avec l'espoir que cette opportunité sera utilisée positivement et résolument", a souligné New Delhi mercredi soir.

Le cessez-le-feu indien n'avait ni endigué la violence ni favorisé un règlement politique avec les séparatistes musulmans. Entre le 28 novembre 2000 et le 1er mai 2001, 1 049 personnes ont été tuées dans la partie indienne du Cachemire, selon des chiffres de la police : 425 rebelles, 220 membres des forces de sécurité et 404 civils.

Avec AFP

En haut