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Le Pakistan accepterait l'invitation de l'Inde à négocier
sur le conflit du Cachemire
Le
gouvernement indien a décidé mercredi 23 mai au
soir de "mettre fin" à son cessez-le-feu avec
la guérilla islamique du Cachemire, tout en invitant le
chef de la junte pakistanaise, le général Pervez
Musharraf, à venir négocier "la paix"
à New Delhi.
Le
gouvernement indien a décidé mercredi 23 mai au
soir de "mettre fin" à son cessez-le-feu
avec la guérilla islamique du Cachemire, tout en invitant
formellement le chef de la junte pakistanaise, le général
Pervez Musharraf, à venir négocier "la paix"
à New Delhi. Le Pakistan a immédiatement déclaré
qu'il accepterait l'invitation lancée par le premier ministre
indien, Atal Behari Vajpayee, pour des négociations sur
le Cachemire. "Nous répondrons positivement lorsque
nous recevrons officiellement l'invitation", a déclaré
le secrétaire pakistanais aux affaires étrangères,
Inamul Haq. Ce brutal changement de cap dans la politique indienne
vis-à-vis des rebelles musulmans cachemiris et des autorités
militaires pakistanaises a été annoncé à
l'issue d'une réunion du cabinet de sécurité
indien présidée par Atal Behari Vajpayee.
Le
cessez-le-feu unilatéral indien au Cachemire - qui n'a
été en fait qu'une simple suspension de certaines
opérations de combat contre la guérilla islamique
- avait été décrété il y a
six mois, à la veille du Ramadan. Il avait été
prorogé à trois reprises depuis. "Cette
phase est maintenant terminée", a déclaré
à la presse le ministre indien des affaires étrangères,
Jaswant Singh, qui détient également le portefeuille
de la défense. Le cessez-le-feu avait été
rejeté, dès son entrée en vigueur, par la
plupart des groupes séparatistes luttant contre ce qu'ils
appellent "l'occupation indienne du Cachemire".
"Nous nous attendions à ce que différents
groupes et organisations terroristes, la plupart étrangers,
entendent raison et, reconnaissant les impératifs de paix,
de dialogue et de coopération, évitent la violence",
indique une déclaration indienne. "Ces groupes
ont empêché le rétablissement de la paix au
Jammu et Cachemire (la partie indienne de la région) et
ont infligé des souffrances à la population".
"Par conséquent, les forces de sécurité
mèneront les actions qu'elles jugeront les plus appropriées
contre les terroristes", a affirmé New Delhi.
Dans
le même temps, poursuit le texte, une "paix relative"
s'est instaurée depuis novembre dernier sur la ligne de
contrôle séparant les parties indienne et pakistanaise
du Cachemire, en raison de la "retenue" exercée
des deux côtés. Le gouvernement indien continuera
à observer "le maximum de retenue" avec
le Pakistan et "a décidé d'inviter le général
Pervez Musharraf à visiter l'Inde à la date la plus
proche qui lui conviendra. Une invitation formelle sera transmise
prochainement".
RELATIONS
GELEES DEPUIS 1999
L'Inde
avait totalement gelé ses relations avec le Pakistan à
la suite du conflit qui avait opposé les deux armées
dans la région de Kargil, sur les hauteurs du Cachemire,
entre mai et juillet 1999 (1 000 morts de part et d'autre). M.
Vajpayee et le général Musharraf ne se sont jamais
rencontrés mais se sont parlé brièvement
au téléphone à la suite du séisme
meurtrier de janvier dernier au Gujarat (ouest de l'Inde). Le
général Musharraf a affirmé, à de
nombreuses reprises, qu'il était prêt à rencontrer
le premier ministre indien "n'importe où et n'importe
quand". "L'Inde, une nouvelle fois, tend la main
de l'amitié, de la réconciliation, de la coopération
et de la paix au Pakistan, avec l'espoir que cette opportunité
sera utilisée positivement et résolument",
a souligné New Delhi mercredi soir.
Le
cessez-le-feu indien n'avait ni endigué la violence ni
favorisé un règlement politique avec les séparatistes
musulmans. Entre le 28 novembre 2000 et le 1er mai 2001, 1 049
personnes ont été tuées dans la partie indienne
du Cachemire, selon des chiffres de la police : 425 rebelles,
220 membres des forces de sécurité et 404 civils.
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